Le pouvoir de Carlos Ruis Zafon

Une terrasse parisienne, banale, du soleil, pas si banal. Plus un café géant et un ami. Une bonne équation en bref, qui me permet également de découvrir les fins de matinées parisiennes un samedi : fait plutôt rare dans cette ville où mon week-end est souvent réservé à dormir, respectant une hypothétique croyance qui veut que je rattrape tout mon sommeil de retard de la semaine. L’espoir fait vivre.

De fil en aiguille, la conversation se porte sur les livres que nous écumons dans le métro, coincés entre douze personnes, le nez collé dans les pages. Je m’empresse de sortir l’énoooorme nouveau livre de Carlos Ruis Zafon, « Le jeu de l’ange« . Rictus de mon ami.

« C’est marrant, j’étais dans un bar la semaine dernière et un mec l’avait sorti au comptoir, comme s’il voulait absolument que l’on vienne lui parler. Il utilisait le livre un peu comme un moyen d’attraction ».

Ça a marché, mon pote est allé lui parler. Peut-être un peu pour lui montrer que sa technique marchait, mais aussi parce qu’il y a beaucoup à discuter sur le dernier Zafon.

Je lui résume alors les pages lues, en étayant mes théories sur les forces paranormales qui envahissent les lignes (et y crois dur comme fer) avant de voir qu’un couple de Hollandais assis à la table voisine nous lance des regards insistants. Nous nous retournons et le miracle Zafon opère de nouveau.

« Good book, really good book ».

Et c’est parti pour une conversation simple et courte sur leur séjour à Paris. Rien sur l’auteur, on l’a déjà oublié. De temps en temps, je caresse amoureusement la couverture, pour me rappeler que c’est bien l’écrivain espagnol qui nous a amené à parler.

Mais pourquoi, comment Zafon rapproche ? Aurais-je attiré le même public avec un Closer à la main, ou un Proust ? Probablement que non. Son premier livre, « L’ombre du vent« , l’avait propulsé au rang d’écrivain international et le deuxième est en passe d‘asseoir sa réputation. La quatrième de couverture précise qu’il habite désormais à L.A. (prononcez « el eï » pour plus d’effet) et œuvre en tant que scénariste.

L’intrigue des ses romans est sans nul doute le facteur clé de sa réussite. La littérature accorde plus de place aux polars et les reconnait dorénavant comme un genre à ne pas négliger. Si je voulais faire des raccourcis, je dirais volontiers que Zafon est devenu le Dan Brown ou le Stieg Larsson espagnol. Mais j’aime pas trop les raccourcis.

Et puis, il y a quelque chose d’autre dans ses livres. On me l’avait d’ailleurs conseillé dans un premier temps parce que j’avais habité à Barcelone, et que « tu vas voir c’est fantastique, tu vas reconnaitre tous les quartiers« . Certes, mais si ses deux romans m’ont dorénavant imprimé à vie le plan de Barcelone, c’est surtout l’histoire qui m’a fait tourner les pages à toute vitesse. Oui, les 600 pages. Les deux fois.

Mail d’une amie dans l’après-midi :

« Ah j’ai oublié de te dire, j’ai retrouvé le nom du livre que je voulais te conseiller, faut absolument que tu le lises : « L’ombre du vent » de Zafon. Gé-nial ! ».

Y’a pas à dire, il a vraiment la classe ce Zafon.

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Un commentaire pour Le pouvoir de Carlos Ruis Zafon

  1. margaux dit :

    ahhhh je l’ai recommandé à tout le monde ce bouquin! un peu violemment même parfois, « mais siiiiiii prends-le, lis-le il est trop bien!! alleeeeeeezzzzzzzz!!!!! »

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