Robin avant qu’il ne coure dans les bois

Festival de Cannes oblige, je me laisse tenter par le nouveau Robin des Bois, nouveau film de Ridley Scott. En bonne fille née dans les années 80 qui se respecte, j’avais évidemment adooooré la version avec Kevin Costner et souvent rêvé que l’on venait me délivrer dans mon donjon haut perché.

Je mets un terme immédiat à vos fantasmes Mesdames : rien à voir avec la nouvelle version. Nada, niente, ou pas grand chose. Jetés au feu les collants légers et la combinaison verte, Robin joue ici plus de l’épée et de l’armurerie lourde et virile. Ridley Scott s’attache aux prémisses, à un Robin plus connu sous le nom de Longstride que « des bois ».

Je relance vos fantasmes Mesdames : Russell Crowe en jette pas mal en Robin des Bois et nous fait oublier cette impression persistante que tous les individus du Moyen-Âge étaient alcooliques, gras et pervers. Non, la grâce pouvait exister, au moins dans l’imaginaire de Ridley Scott.

L’histoire est d’une densité peu croyable : hors de question de laisser son siège pour une pause pipi, vous pourriez perdre le fil. On y retrouve un Robin plongé au cœur de corruption et complot dynastiques, qui cherche à rétablir un certain équilibre dans la société. En clair : pleins de méchants contre un seul gentil. Le film apporte une nouvelle vision de cette légende, qui peut déranger les puristes de la combinaison verte.

On ne coupe pas aux petites blagounettes qui entrecoupent des instants parfois dramatiques, à la sempiternelle histoire d’amour que l’on voit arriver à milles miles (puisqu’il s’agit d’un film anglais, je pratique la conversion métrique). Certes, Robin sans Marianne, même le plus fantaisiste des réalisateurs n’oserait pas. Mais le cliché manque de travail, de profondeur, même si l’image de Marianne proposée par Cate Blanchett est aux antipodes de ce que l’on connait du personnage.

Ridley Scott surcharge l’histoire avec une grosse cerise sur le gâteau : l’enfance de Robin, un traumatisme lié au père, une rébellion contre l’ordre établi. Rien que ça. Léger trop.

La retranscription de l’époque est superbe, les scènes de bataille sont très réalistes, Ridley Scott a mis les moyens pour nous faire plonger dans sa version très novatrice de Robin des Bois. Probablement trop imprégnée de l’image traditionnelle, j’ai eu du mal à véritablement me passionner pour ce film et oubliait facilement qu’il s’agissait de Robin des Bois. Dommage.

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