L’homosexualité enfin considérée : ne sortez pas les cotillons pour autant

Une série de mesures et lois relatives à l’homosexualité a été mise en place à travers le monde ces derniers mois. La semaine dernière, le Portugal, l’un des pays européens les plus catholiques, autorisait les mariages gay. Pourtant, difficile d’ignorer l’opinion de Ben au Vatican sur le sujet. Youpi.

A mes yeux, le plus grand pas reste l’acceptation d’homosexuels étrangers sur le territoire chinois : les candidats à l’expatriation dans l’Empire du milieu devaient justifier de leur bonne santé physique en apportant la preuve de leur séronégativité. Déjà qu’on avait sorti le champagne quand, en 2009, les Chinois s’accordaient à dire que les l’homosexualité n’était peut-être, finalement, tout bien réfléchi, pas une maladie mentale, là c’est carrément la grande fête. Yiha.

On apprend aujourd’hui que les militaires américains pourront tranquillement annoncer à leur collègues leur homosexualité, droit qui leur était tout bonnement refusé jusqu’à présent. Hourrah.

En France, pays où l’insurrection, la critique et la quête de liberté absolu sont légion, il n’y a pas d’exemple à donner. Pas d’anecdotes dont nous pourrions nous autocongratuler. Le PACS est tombé dans la rubrique »c’était quand même le minimum » depuis longtemps, mais l’on voudrait nous faire croire qu’il faut encore s’en féliciter et que cette mesure suffit à toutes les personnes concernées.

Je parlais récemment de l’article très intéressant du Monde : « Le difficile aveu de son homosexualité à ses parents » avec un ami, qui m’a très justement fait remarquer que le terme ‘aveu’ prouvait à lui seul la complexité perpétuelle de la situation en France. Aveu, comme dans « coupable », « faute », « crime ».

Le 17 mai, journée contre l’homophobie, Libération consacrait un édito spécial au sujet. La majorité des autres quotidiens nationaux octroyaient plusieurs pages pour des témoignages, articles et analyses. Supportée par les médias, cette cause pourra bientôt être un lointain souvenir: « ah tu te souviens quand les gays étaient discrimés ? Ah oui c’était il y a bien longtemps ! ». Là, ça sera un véritable hourrah youpi youpi ya.

Et on voudrait que je me réjouisse de ces « autorisations gracieusement accordées » ? Ce serait approuver tout le temps qui a dû s’écouler avant que ces lois ne voient le jour, souffler de soulagement devant leur aboutissement tardif, avant d’attendre encore des années avant une parfaite égalité.

La route est encore longue et laborieuse, et paradoxalement évidente et déjà tracée. C’est donc avec difficulté que je m’enthousiasme pour une pseudo liberté qui devrait déjà être accordée.

Crédit photo : {Guerrilla Futures / Jason Tester}

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