Dreamlands : le trop plein de rêve tue le rêve

C’est les méninges aiguisées que je me suis rendue hier à l’exposition Dreamlands du Centre Pompidou : l’art, déjà vecteur d’imagination par essence, allait redoubler de permissivité en me mâchant le travail. Les travaux les plus farfelues des utopistes de ce monde allaient m’être proposés.

L’entrée en matière n’a pas été des plus faciles. J’exhibe et crâne l’espace d’une seconde devant le guichet avec ma carte étudiante bientôt périmée. Premier clash.

« La réduction est réservée aux étudiants en art uniquement »

Absolument logique, ce sont les seuls à s’intéresser à cela, tout comme les dictionnaires sont réservés aux linguistes et les plantes vertes Ikea aux botanistes. Le très grossier mot anglais commençant par un « F » et se terminant par « uck » me traverse l’esprit mais semble tout bonnement inutile en cet instant. Bien bien bien, je m’acquitte de mon droit d’entrée non sans grimacer, espérant que mes yeux en auront pour leur argent. Je m’engouffre dans les tubes, entubée (t’as compris la blague ?) mais prête à savourer l’exposition.

Alliant architecture et peinture, l’exposition propose une avancée chronologique et thématique sur les créations les plus fantasques présentées au fil du temps : Expositions Universelles, foires, parcs d’attractions. Face aux créations, un constat évident et ingénieusement mis en exergue par l’exposition : les idées qui paraissaient les plus folles ont souvent influencé l’architecture urbaine, comme le prouvent les villes hors du temps que sont Las Vegas et Dubaï.

Pluridisciplinaire, cette exposition active tous les sens à travers films, peintures, photographies, sculptures, maquettes, sons. Les techniques majoritairement utilisées ont recours au collage, qui avait le mérite de marier des univers complètement opposés très rapidement et pour pas cher.

Le Centre Pompidou lui même est le résultat de la communion d’esprits fantaisistes, comme nous le rappelle la maquette du site. On passe de maîtres en maîtres, toutes catégories confondues : Dali, Martin Parr, Disney lui-même, Brancusi, et même Superman et son Krypton légendaire.

Face à ce tourbillon de folie, mes méninges ont explosé. Balancées d’un univers à l’autre, elles n’avaient pas fini de trouver des bribes de réponses dans une salle qu’il leur fallait se reposer de nouvelles questions dans la pièce suivante. Quelque peu tiraillée entre toutes ces propositions, je ne me suis finalement reposée sur aucune.

Les instants de contemplation assidus sont multiples mais trop ponctuels, puisque les œuvres ne proposent pas réellement de fil rouge entre elles. A la sortie, j’étais bizarrement neutre, et pleinement dans l’insoutenable constatation de n’avoir pas compris grand chose.

A faire, si vous êtes étudiant en art (ben ouais, il paraît que t’as une réduction), fou vous-même, ou un membre des Doors, voire les trois : votre appréciation de la chose sera probablement plus proche des portes de la perception (t’as compris la deuxième blague ?) que nous ne l’avons été, mes méninges et moi.

Dreamlands, au Centre George Pompidou, du 5 mai au 9 août

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