L’apéroue de secours

Vite vite un apéro ! Vite vite de l’alcool dans nos gosiers pour honorer le beau temps et nos gorges desséchées ! Déjà en tenue d’électropute ou de BGNBMHDVMT (Beau Gosse Nonchalant Blasé Mais Heureux de Vivre Malgré Tout) si vous êtes un homme, votre bonne humeur tourne court lorsque le couperet tombe : votre apéro prévu depuis lundi soir (une éternité dans la sphère de l’apéro-management) tombe à l’eau (c’est le cas de le dire).

Si par malheur votre agenda se désole d’un néant absolu d’activités en ce début de week-end déjà consommé depuis jeudi soir, il vous faudra jouer de vos relations pour trouver l’apéroue de secours. Téléphone en main, en mode textos compulsifs « tu fais quoi ce soir » envoyé à tout votre répertoire ou traque sans limite sur Facebook à la recherche de la moindre soirée, vous ne vous laisserez pas abattre par la sobriété.

Comportement social poussé à l’extrême, nous avons besoin de nous cacher derrière une bière pour resplendir d’amabilité. La journée du vendredi reste consacrée à ce supposé coin de ciel bleu que nos premiers verres nous accorderont. Vous partiriez presque d’un rire franc si l’on vous suggérait de rester chez vous ce soir-là.

Votre sortie est de l’ordre du vital, comme le pot au feu du dimanche et le Question pour un Champion de Mamie. Vous commencez souvent à vous ambiancer seul chez vous avec un peu de musique et le bruit de la bouteille que l’on débouchonne gaiement.

Nous sommes des êtres de boisson. L’été arrive et les excuses se bousculent au portillon :

« Juste un verre alors. »

« J’ai eu une dure semaine. »

« Avec le temps qu’il fait… » (vous ne finissez en général pas votre phrase, elle se justifie d’elle-même).

On peut se moquer de ce sacré Patrick Chirac, il n’empêche que l’apéro reste une tradition bien ancrée depuis notre 17ème anniversaire et les prémisses de notre liberté. Jeudi, c’est apéro.Vendredi, c’est la célébration du début du week-end. Et samedi, c’est soirée. Fort de nos expériences, nous avons rapidement compris que le dimanche est un jour blanc, où le surplus d’hypothétiques activités nous conduit à notre perte, et accessoirement à celle de notre foie.

Urbain, vos soirées sont en général divisées en véritable dissertation dont le plan en trois parties ferait frémir n’importe quel agrégé de français. La première partie de soirée avec les connaissances que l’on voit peu, trop collets-montés pour qu’on leur propose de nous suivre ensuite au Queen où vous attend votre table VIP. Évidemment, vous n’en honorez généralement qu’une seule de votre présence : trop la flemme de changer d’endroit, trop bourré, trop bonne ambiance.

Le Bruit et la Harpie avoue non sans honte ne plus pouvoir enchaîner deux soirées, comme au bon vieux temps où elle se trouvait si sexy le lendemain matin, avec son maquillage au khôl qui avait quelque peu coulé sous ses yeux. Non, désormais, c’est Doliprane en se couchant et réveil avant midi pour ne pas louper le marché. Chiant, mais mon foie me remercie. Jusqu’au jeudi suivant.

Crédit photo : @rgs @Flickr

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