Tamara Drewe : le gaspacho cinématographique de l’été

On vante les mérites du gaspacho qui rafraîchit en plein été lorsque les températures atteignent des sommets, mais on ne parle jamais du besoin de détente mentale qui augmente proportionnellement au mercure (d’après une étude très sérieuse de Finlandais unijambistes en voyage au Cameroun).

En voyant la bande annonce, j’avais peur que ce film soit justement trop léger, et en perde tout intérêt. Puis, quand le nom de Stephen Frears est apparu, je me suis soudainement laissé convaincre. C’est fou la popularité, Johnny Depp vous ferait manger des coquilles d’huîtres avec un seul battement de cil.

Tamara Drewe calme cette soif de repos instantanément. Ce n’est certes pas le meilleur des films du réalisateur mais on y retrouve un comique de situation très anglais qui nous fait sourire, et même éclater de rire sur certaines répliques. Et ça, je ne sais pas si vous aviez remarqué, mais c’est rare.

L’histoire est simple : une jeune femme revient dans la maison de campagne de sa mère décédée pour la vendre. Jouxtant la fameuse résidence d’écrivains, où les romanciers en panne d’inspiration et de motivation se retrouvent autour d’un couple hôte, sa venue va faire du bruit dans le petit village. Peu à peu, les détails se tissent sur cette toile de fond, pour devenir une formidable broderie d’anecdotes et de personnages interagissant ensemble. Les personnages, tous farfelus à leur façon, gravitent autour de la belle avec leurs propres histoires, leurs souvenirs.

Tamara est présentée comme une véritable bombe, mais on apprend qu’elle tirait plus du côté Cyrano de Bergerac étant jeune. Hop, un coup de bistouri et la voilà transformée en sirène. Si elle ne chamboule pas tout le désordre préétabli, cette transformation va néanmoins apporter un grain de sel désastreux à tous les « drames » se jouant dans la maison voisine à la sienne.

La note parfaite vient des personnages des deux adolescentes, qui viennent ajouter des problèmes là où on n’en trouvait pas encore. Très British, ces deux gamines font penser aux caricatures féminines de Little Britain, en plus polies et physiquement supportables.

Tamara Drewe est une Bridget Jones en plus sérieux, un Love Actually avec une fin pas si rose bonbon. On a parfois l’impression que tout le film a été retravaillé par Frears pour lui donner un ton léger et qu’inversement, on pourrait aisément en faire un film dramatique.

En bref, un bon petit gaspacho bien digeste qui se déguste tout seul. A ne pas prendre de trop haut non plus, car le gaspacho, cela reste tout de même de la soupe de tomates.

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