Millenium 3 : ah ben voilà quand tu veux

On s’était quittés sur une note plutôt décevante avec le Millenium 2. Pas spécialement convaincue, je me suis donc dirigée hier vers le cinéma avec pas mal d’appréhension, voire de lassitude pré-visionnage, pour voir Millenium 3, troisième volet de la trilogie suédoise.

Premier bon point : la sortie de Millenium 2 étant récente, le souvenir des personnages et de l’action était bien imprimé dans mon cortex. Lisbeth : gentille malgré une apparence méchante. Mickaël : gentil et un air gentil qui veut aider la gentille. Les autres : tous des méchants qui veulent faire la peau à la gentille. Primaire, mais ça a bien fonctionné. J’ai néanmoins trouvé appréciable le rapide récapitulatif de début de film, au gré d’images sans fil rouge balancées devant nos yeux. Et puis, après Inception, on peut tout comprendre en un rien de temps.

Ca, c‘était ma satisfaction personnelle, parce qu’en ce qui concerne Lisbeth, ce n’est pas vraiment la fête au village. La petiote a quand même pris une balle dans la tête et se retrouve dans la chambre d’hôpital juste à côté de Papa qui, pour vous la faire courte, a essayé de la tuer à plusieurs reprises. Pas de bol. Elle est toujours accusée de tentative de meurtre sur son Papounet. Pas top non plus.

Les scène du procès regroupent plusieurs scènes très bien construites, qui nous font monter en haleine par leurs combats de mots, et non de poings plus ou moins crédibles du deuxième volet. Lisbeth excelle dans sa prose, qu’elle n’utilise pourtant que très peu au cours du film. On s’attache rarement autant aux paroles, que dis-je monosyllabes, d’un protagoniste : on trépigne à chaque question qui lui ai posé, ne sachant jamais si elle va répondre ou pas. Big up à Noomi Rapace qui excelle pas mal dans cet exercice agaçant certes, mais en adhésion parfaite avec le personnage qu’elle incarne.

Certains détails sont totalement évincés, comme le départ d’Erika Berger pour une nouvelle boîte, où elle sera harcelée d’emails menaçants. Son personnage, ainsi que toutes les figures féminines présentées dans le film, appuient une vision nettement différente de la femme que celle que nous avons eu à voir : une image scandinave où la femme, forte et responsable, prend une position centrale dans l’intrigue. Bref, ça change de la potiche qui se réfugie dans les bras du gros musclé avec son gun.

Une nouvelle fois, j’applaudis le cinéma suédois qui, s’il ne produit pas les meilleurs films que j’ai pu voir de ma vie, propose des productions intéressantes, ouvrant une brèche sur pour un septième art plus cosmopolite, effilochant le monopole américain tranquillement mais sûrement. Faudra simplement éviter le remplacement du pop-corn que l’on s’enfile dans les salles obscures par des boulettes de viande nappées de saumon. Question de digestion.

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